Publié le · 7 min de lecture · L’équipe Veritas-Doc
Ce qu’un PDF conserve d’une modification
Un PDF n’est pas une image : c’est un conteneur qui accumule des couches. Voici les quatre endroits où une modification laisse souvent une trace, et comment les lire ensemble.
1. Les deux champs qui trahissent la chaîne d’outils
Tout PDF porte deux champs de métadonnées trop souvent confondus. /Creator nomme l’application qui a composé le document — un traitement de texte, un logiciel de facturation. /Producer nomme la bibliothèque qui l’a effectivement écrit sur le disque.
Quand ces deux champs appartiennent à la même famille, la chaîne est cohérente. Quand un document annonce « Microsoft Word » en /Creator et un éditeur PDF en ligne en /Producer, il a été rouvert ailleurs après sa création. C’est le signal isolé le plus parlant du lot.
Ce n’est pas pour autant une conclusion : compresser une pièce jointe trop lourde avec un service en ligne produit exactement la même signature qu’une retouche.
2. Les marqueurs startxref comptent les réécritures
Le format PDF permet d’ajouter des modifications à la fin d’un fichier sans réécrire ce qui précède : c’est l’enregistrement incrémental. Chaque opération laisse un marqueur startxref supplémentaire.
Un document généré une fois par un système de paie n’en porte qu’un. Trois marqueurs signifient trois ouvertures suivies d’un enregistrement — ce qui mérite une question sur une pièce censée sortir telle quelle d’un système.
Une signature électronique, elle aussi, ajoute un enregistrement incrémental. Le compteur, seul, ne distingue pas les deux cas.
3. Un rectangle blanc ne supprime rien
C’est le geste le plus courant : dessiner un rectangle opaque par-dessus une ligne gênante, puis écrire autre chose à côté. À l’écran comme à l’impression, la ligne a disparu.
Dans le fichier, non. Le rectangle est un objet graphique posé par-dessus ; le texte reste dans le flux de contenu, à ses coordonnées d’origine. Il suffit de demander au moteur ce que contient cette zone pour le récupérer.
C’est la différence entre dire « cette zone est recouverte » et montrer ce qu’elle recouvrait. Veritas-Doc affiche le texte retrouvé à son emplacement exact, avec l’indice de confiance de l’extraction.
4. Pourquoi un score, et pourquoi jamais un verdict
Un outil qui répond « conforme » ou « altéré » sans rien d’autre est inutilisable : deux documents très différents finissent par afficher la même chose, et la confiance s’effondre au premier faux positif.
Veritas-Doc part de 100, puis retire le poids de chaque indice relevé. Le rapport affiche la liste complète, ligne par ligne, avec ce que chacune a coûté au score.
L’outil s’arrête là. Écrire qu’un document est frauduleux est une qualification juridique, et un faux positif sur un bulletin de salaire peut coûter un logement à quelqu’un. Le vocabulaire de l’interface s’en tient donc aux indices techniques de modification, et la décision reste humaine.